Les mensonges de Napoléon

Les frontières entre le mensonge et la
dissimulation - ou le secret indispensable
pour mener à bien une action - sont parfois si
ténues qu'on ne sait plus parfois quand
l'acteur ment ou dissimule. Tactique, intox,
manipulation, raison d'Etat, Napoléon n'a pas
hésité à travestir l'histoire quand il le fallait.
Petits mensonges qui prêtent à sourire quand
il s'agit de la redistribution des places dans le
tableau de David immortalisant la cérémonie
du sacre, mais grands mensonges aussi :
politique lorsqu'il fait condamner les
Jacobins ou lors de l'affaire de Bayonne,
pathétique quand il s'agit de la meurtrière
bataille d'Eylau, mensonge encore quand il
fait rétablir l'esclavage dénoncé quelques
années plus tôt par lui-même, alors jeune
révolutionnaire. En retraçant une dizaine
d'épisodes majeurs de l'épopée napoléonienne,
Serge Cosseron, spécialiste des mouvements
sociaux et révolutionnaires, jette une ombre
sur l'habit de gloire dont l'Empereur s'est
revêtu et démontre comment cette grande
figure de l'histoire française a su fabriquer
son image, gagnant ainsi sa dernière bataille,
celle de la mémoire.