Fusées, n° 15

Fusées, n° 15

Fusées, n° 15
Éditeur: Carte blanche
2009120 pagesISBN 9782905045515
Format: BrochéLangue : Français

Simple nourriture. Sans cérémonie.

Il n'y a pas de victime, on mange les morts.

La mort ne doit être due ni à la lèpre, ni à la

dysentrie, ni à aucune maladie contagieuse.

La chair peut se manger fraîche ou faisandée,

le corps étant alors enterré plusieurs jours avant

d'être préparé. Il est ensuite démembré avec

un couteau de bambou, le ventre est ouvert,

les entrailles vidées, sans toucher à la vésicule

car, ouverte, elle donnerait un mauvais goût

à la viande. La cervelle est retirée.

La chair est cuite, coupée en petit morceaux,

assaisonnée de sel et de gingembre,

accompagnée de feuilles végétales. Les

morceaux sont répartis selon les liens de

parenté. Les femmes et les enfants sont

particulièrement amateurs de chair humaine.

Les femmes mangent la chair mâle ou femelle.

Elles mangent parfois leurs enfants nés

malformés, après les avoir tués délibérément.

Elles mangent aussi le placenta à la naissance

de leurs enfants. Les hommes sont plus

réticents. Ils ne mangent que la chair mâle,

ou parfois celle de leur soeur décédée.

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