Nés après les indépendances : et si la jeunesse africaine sacrifiée avait la parole

Nous qui sommes nés après les indépendances sommes
confrontés à la catastrophique façon de faire la politique de nos
aînés et privés d'histoire politique. Notre avenir est hypothéqué
par les conséquences de leur gestion. Fermant la parenthèse de
la démocratie, juste après les indépendances, pour la rouvrir
avec des conférences nationales qui n'ont pas réussi à instaurer
un ordre nouveau, nos aînés n'ont pas su ou pu inventer les
ressorts d'une meilleure réalité, faisant quelquefois pire que le
colon. Si la parole nous était donnée, nous dirions à la France
de s'attaquer à la vraie cause de l'émigration de la jeunesse
africaine : le manque de solutions aux problèmes de fonds, de
débouchés et de réelles perspectives d'avenir. Nous dirions à
nos aînés de prendre acte de l'échec d'un cycle et d'une façon
de faire la politique, nous dirions l'urgence d'une culture du
résultat.