Le corps-autre et les sources de l'altérité : l'interface bio-psycho-culturelle

Cet ouvrage, foncièrement transdisciplinaire et novateur, fonde la notion de corps-autre à partir de l'embryologie et de la psychopathologie, et étudie les rapports que l'anthropologie du corps-autre entretient avec la racio-psychométrie de l'esprit-autre. Examinant la nature des paradigmes selon lesquels le corps a été à la fois schématisé, idéalisé et médicalisé, puis stigmatisé et discriminé, l'ouvrage s'attache à préciser les formes d'altérisation du corps féminin et du corps juif, historiquement contemporaines. Il éclaire ainsi les fondements idéologiques et bio-psychopathologiques du stigmate misogyne et racial. L'auteur montre qu'il existe une continuité théorique allant de l'anthropologie physique raciale de la fin du XIX<sup>e</sup> siècle et de la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle, à l'anthropologie contemporaine du corps-autre séropositif, qui se trouve elle-même abordée dans la perspective élargie des maladies émergentes et du franchissement des barrières d'espèces. Un tel franchissement a profondément renouvelé la nature des rapports de l'homme au corps-autre animal. À travers une analyse de la Loi Noachide, cet ouvrage éclaire d'une façon nouvelle l'impact de la biologie moderne sur l'intégrité du corps, confrontée à la question du post-humain, de la fin de l'homme et de son altérisation. Toutes ces questions restent liées à la disproportion entre, d'une part un savoir et un pouvoir technoscientifiques considérables, et d'autre part la pauvreté de la constitution éthique, censée guider l'essor d'un tel savoir et d'un tel pouvoir.