Hélène ou Le règne végétal

«Ô, Poésie, écarte-toi de ton miroir ! Je parle pour des jeunes
gens et pour des hommes de tous âges. Je parle de ce qui
m'arrive. Je parle d'un homme absous par sa colère. [...]
Peut-être entendrez-vous cette voix qui frappe, qui veut entrer,
qui frappe, ô jeunes gens, qui frappe comme vous à la porte
de son destin et qui chante sous les balles.»
Ces paroles sont celles par lesquelles s'ouvre l'un des recueils
les plus poignants de notre littérature : Hélène ou le Règne
végétal de René Guy Cadou. Poète lyrique, poète solaire trop
tôt parti, que cet homme né en 1920, dans une région de
marais située au nord de l'estuaire de la Loire, et mort en
1951, à l'âge de trente et un ans. Pour Cadou, Hélène fut
«poésie, la vie entière». Avec elle, le poète nous fait entrer
dans la «cinquième saison», celle de la vie rêvée, d'une
lumière chaque jour offerte, de l'amour réinventé.