Reconstruire une politique agricole : actes du colloque du 14 décembre 2002

L'agriculture, qui est la plus ancienne politique européenne
commune, est paradoxalement devenue, pour la
Commission de Bruxelles, une entrave dans la grande
marche vers le nouvel avenir radieux qu'elle nous propose
: l'ouverture totale des marchés mondiaux.
La raison voudrait que nous achetions notre blé au
Canada, notre viande bovine en Argentine et notre lait à
la Nouvelle-Zélande , proclame le commissaire Lamy,
chargé de défendre l'agriculture européenne dans les
négociations de l'OMC. Achetons toujours plus de soja
américain pas cher , renchérit le commissaire Fischler,
dont le projet de réforme ne dénonce les dérives de la PAC
que pour en justifier l'euthanasie définitive. Il y a longtemps
que l'un et l'autre ne parlent plus de préférence
communautaire, ni d'indépendance alimentaire de
l'Europe.
Ce retournement et cet aveuglement de Bruxelles ont
amené les députés du Mouvement Pour la France au
Parlement européen à engager, sous l'impulsion de
Philippe de Villiers, une réflexion de fond sur l'importance
cruciale des enjeux agricoles à l'heure de la vache folle,
des OGM et de la faim dans le monde, avec des personnalités
qui ne veulent pas baisser les bras et sont convaincues
de l'impérieuse nécessité de "reconstruire une politique
agricole".