Sexe, race, classe, pour une épistémologie de la domination

Sexe, race, classe, pour une épistémologie de la domination

Sexe, race, classe, pour une épistémologie de la domination
Éditeur: PUF
2009313 pagesISBN 9782130568384
Format: BrochéLangue : Français

La pensée féministe s'est historiquement attachée, depuis - voire en dehors de -

la tradition matérialiste, à montrer que le rapport de classe n'épuise pas l'expérience de

la domination vécue par les femmes et, plus généralement, par les minorités sexuelles.

Plus encore, en élaborant des outils d'analyse tels que le «mode de production

domestique», les «rapports sociaux de sexe» ou le «rapport de genre», la pensée

féministe a travaillé sur l'imbrication des rapports de pouvoir, dénaturalisant la

catégorie de «sexe» à l'aune de ses déterminations historico-sociales.

Depuis quelques années en France, la réflexion sur l'imbrication des rapports

de pouvoir s'est complexifiée davantage, notamment sous l'influence des travaux nord

et sud-américains, mais aussi caribéens ou indiens. Les problématiques relatives aux

identités sexuelles, aux régimes de sexualité, mais aussi celles articulant le genre et la

nation, la religion et/ou la couleur, ont permis de développer un véritable champ de

réflexion. La question cruciale de l'articulation du sexisme et du racisme, notamment,

a ainsi renouvelé tout autant l'agenda des mouvements féministes que la recherche

universitaire.

Cet ouvrage a pour but d'interroger les différents outils critiques pour penser

l'articulation des rapports de pouvoir. Tout en interrogeant leur mode propre de

catégorisation (les catégories de «sexe» et de «race» ont-elles méthodologiquement le

même statut que la classe ? À quelles conditions utiliser la catégorie de «race» comme

une catégorie d'analyse ? L'analyse en termes de classe a-t-elle été éclipsée par l'analyse

croisée du sexisme et du racisme, après les avoir longtemps occultés ?...) cet ouvrage

discute les différents modes de conceptualisation de ce que l'on pourrait appeler

«l'hydre de la domination» : analogique, arithmétique, géométrique, généalogique.

À partir de différentes traditions disciplinaires (sociologie, science politique,

philosophie, psychologie, littérature...), les contributions ici réunies présentent un

état des lieux des diverses appréhensions de l'imbrication des rapports de pouvoir -

«intersectionnalité», «consubstantialité», «mondialité», «postcolonialité», ... et,

ce faisant, (re)dessinent les contours d'une véritable épistémologie de la domination.

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