Mémoires des autres guerres

«L'écran de télévision nous avait emmenés en
Tchétchénie et on s'y battait, bon sang, faut
voir comme ! On voyait une rue défoncée par les obus,
des maisons sans toiture, des fenêtres éventrées et au
premier plan un gros général ventru avec sa
chapka enfoncée jusqu'aux orelles. Ce gros général
expliquait en tchétchène que la guerre qu'il menait
était une bonne guerre qui profiterait bien au peuple
et qu'il y avait tout lieu de s'en réjouir.
Mais de ce général je m'en fichais comme de ma
première chemise, car derrière lui, à bonne distance
et près d'un camion, j'avais reconnu Raimond sale
comme un bouc et pas rasé de huit jours...»
(Raimond)
«(A propos de) Jean-Bernard Papi, ses récits imagés
tranchent avec les sempiternels faits de guerre sans
saveur.»
Olivier Sarazin
( Sud -Ouest du 25/05/02)