Catéchisme positiviste (1852)

Rédigé en 1852, au milieu de l'élaboration du Système de politique
positive (1851-1854), le Catéchisme positiviste en justifie dès l'abord
pleinement le sous-titre de Traité de sociologie instituant la religion de
l'Humanité. En effet, les onze entretiens entre une jeune femme
et un prêtre de l'humanité qui composent l'ouvrage constituent à
la fois une vivante méditation de l'idée d'Humanité et un résumé
dense, complet et didactique, de la foi positive proprement dite.
Le Catéchisme positiviste est donc bien en ce sens ce qu'on
pourrait appeler une oeuvre de propagande ; et cela, sans cesser
pour autant d'être philosophique. D'une part, le dialogue se
déploie en effet sous la bannière d'une religion nouvelle, le
positivisme, à qui son fondateur réserve rien moins que l'avenir
humain. Mais aussi bien ce catéchisme n'a-t-il point été écrit,
d'autre part, afin de cultiver en l'esprit oisif et confortable de
vains doutes et de stériles hypothèses. Il s'agirait plutôt ici de
donner des convictions actives aux hommes et aux femmes du
peuple, dont les fantômes théologiques, mis définitivement à
terre par la Révolution, ne sauraient désormais plus nourrir la
raison comme le coeur.
Il appartiendra donc au lecteur de comprendre comment,
élevant les sciences modernes à la dignité d'une philosophie
organique, Comte a pu également découvrir en elles les germes
d'une spiritualité profondement humaine, d'après laquelle tracer
les plans d'une République encore à venir : sans Dieu ni Roi.