Par-dessous la meïda

Alors que les événements politiques secouent l'Algérie dans les
années 90, Zinou est un jeune homme qui a la passion des langues.
Il sait que ces dernières peuvent lui ouvrir les portes de la liberté, sur
les pays de l'autre côté de la Méditerranée, sur le «pays des gens»
(la France).
Zinou sait qu'il est passible de mort dans le nouvel ordre à venir ;
Zinou est homosexuel. Malgré sa timidité, il trouvera l'amour avec Rafiq,
un jeune Algérien audacieux qui lui permet de s'épanouir, de connaître
Paris, même si tout n'est pas facile avec lui.
Zinou, le timide, le sensible, toujours au bord des larmes, découvre
sa force intérieure et décide d'écrire, pour son frère humain, ce texte
lucide et poignant, pudique et savoureux. Il lui en propose la lecture à
la place qui lui est dévolue dans sa société, par-dessous la table où se
réunissent les convives : par-dessous la Méïda.
«Pour la première fois depuis si longtemps, je me
suis retrouvé seul.
Le visage inquiet de Rafiq à travers la vitre du véhicule
qui l'emmenait, cette veille d'élection, apparaissait
dans ma mémoire de plus en plus floue.
Avais-je bien vécu tout ça ?
Le micro-ordinateur me faisait face, les Ray-ban,
cadeau de Rafiq, dont je ne m'étais jamais séparé trônaient
à coté du clavier.
Une voix m'a soufflé :
«Si tu n'en parles pas, si tu ne l'écris pas, c'est que
ça n'a pas existé, les choses n'existent que si elles sont
dites ou écrites !»
Sans réfléchir, mes doigts, au début hésitants, se sont
mis à taper sur les touches, puis ont pris de l'assurance,
pour ne plus s'arrêter.
C'était décidé, j'allais rédiger sans fards, mes espoirs,
mes déboires, mes tares !»