Tahiti : la langue et la société

Vonnick Bodin est née le 2 février 1946 en Polynésie française, plus exactement
à Makatea, dans l'Archipel des Tuamotu, où son père travaillait pour
la Compagnie Française des Phosphates de l'Océanie (C.F.P.O.).
Elle vécut ensuite à Tahiti où sa famille s'était installée et fit ses études secondaires
et supérieures (licence de mathématiques et de microéconomie) en France
à Montpellier.
En 1977, Vonnick Bodin soutient, avec les félicitations du jury, sa thèse de
doctorat d'État de troisième cycle en ethnolinguistique, «Tahiti : la langue et la
société» qui est la source du présent ouvrage.
Tout d'abord désireuse d'embrasser la carrière de son père, au sein de l'administration
des impôts, elle réussit le concours d'inspecteur du Trésor et débute une
vie professionnelle en France Métropolitaine.
Mais elle reste tenaillée par sa culture d'origine et décide d'apprendre la langue
tahitienne en suivant les cours de l'Institut National des Langues et Civilisations
Orientales (I.N.A.L.C.O.) à Paris. Rapidement cette langue devient sa préoccupation
principale et elle s'engage à tout connaître de la civilisation océanienne, effectuant
des recherches très poussées en linguistique.
Après avoir achevé son cursus universitaire, Vonnick Bodin décide d'abandonner
l'administration, pour se consacrer à l'enseignement supérieur. Elle assure des
cours de langue tahitienne à la faculté de Paris Dauphine au sein de l'I.N.A.L.C.O. et
y forme des élèves européens et tahitiens.
De retour à Tahiti en 1983, elle fonde le Centre de Formation et de Recherche
des langues et Civilisations Océaniennes (C.F.R.L.C.O.), en accord avec le gouvernement
polynésien de l'époque et dans le cadre des avancées du nouveau statut
d'autonomie de la Polynésie française.
Cet organisme public, de niveau universitaire, a participé à l'initiation du processus
de défense, de réappropriation, de formation et de promotion des langues
polynésiennes.
Le 23 juillet 1987, Vonnick Bodin meurt d'une leucémie. Elle sera inhumée au
cimetière de l'Uranie à Papeete.
Cette mort prématurée ne lui a pas permis de mener à bien toutes les idées
novatrices qu'elle désirait réaliser pour la Polynésie française, son pays.
Il nous a semblé important d'éditer aujourd'hui ce travail, resté jusqu'à présent
dans la confidentialité et de le mettre à la disposition des chercheurs, des
étudiants et de toutes les personnes qui s'intéressent à la culture polynésienne et
à sa langue.