Nous sommes la France

«Sur les panneaux de fortune griffonnés par les manifestants
du 11 janvier 2015, il en était quelques-uns où
l'on pouvait lire "Nous sommes la France". Ces mots furent
d'ailleurs repris par les grands médias comme le symbole de
la ferveur opposée à la barbarie. Certains se sont employés
à absorber l'événement, à en tordre le sens pour retrouver
leur routine idéologique et pratiquer l'immense escroquerie
de transformer les coupables en victimes et la France en
coupable. Ces mots, pourtant, résument à eux seuls la somme
infinie de renoncements et de dénis qui a conduit à l'horreur.
Si "Nous sommes la France", encore faut-il se demander
qui est ce "nous" et ce qu'est "la France". encore faut-il poser
la question interdite de l'identité nationale, c'est-à-dire de ce
qui nous rassemble, par-delà nos différences, et qui fait de ce
pays autre chose qu'une entité administrative aux contours
arbitraires.
Si nous voulons nous inventer un destin commun, que nos
aïeux soient d'ici ou d'ailleurs, ce ne peut être qu'autour de
cette nation et de ses valeurs. La première urgence est donc
de s'émanciper des mensonges qui veulent escamoter ce
débat fondamental. Il en va tout simplement de la cohésion de
cette république.»