Dans la gueule du loup

Robert est lycéen puis étudiant entre 1940 et 1945. Il
assiste, le 18 juin 1940, sur les bords de l'Allier, au dernier
combat de notre armée. Recensé en zone libre, il est assujetti
au service obligatoire dans les chantiers de la jeunesse et
envoyé, avec son peloton, au secours des Nantais victimes des
bombardements du 16 septembre 1943, et il subit ceux du 23
septembre. Lorsque le gouvernement français décide de faire
participer les chantiers à l'effort de guerre nazi, Robert déserte
ces formations en février 1944. Alors que la gendarmerie le
recherche activement, son club de football, l'A.S. Moulins, le
fait entrer «dans la gueule du loup», en le «casant» dans le
groupe de Résistance le plus ancien de la ville : celui de la
police ! Confronté à la milice de Limoges à la suite du
massacre de Marigny par ladite milice, il réussit à ramener
deux des auteurs de la tuerie, qui seront jugés et fusillés par
son groupe. Dès lors, le comité de libération le charge des
affaires de collaboration et d'intelligence avec l'ennemi (il a
vingt et un ans). Durant quatre mois, il procède, à la sinistre
prison de la Mal-Coiffée, aux multiples auditions requises par
les juridictions d'épuration et notamment à celles des plus
éminents membres du cabinet de Joseph Darnand...