Cycnos, n° 29-1. Législation et progrès socio-économique dans le monde anglophone

Fruit de l'époque des Lumières, l'idée de progrès socio-économique
reflète la foi en la perfectibilité de l'ordre social. Au fil de l'histoire,
les situations de nature à fragiliser le capitalisme au sein des sociétés
sont apparues comme constitutives de ce système. Par conséquent,
celui-ci doit sa pérennité à la capacité qu'ont eue les sociétés à trouver
une voie hors de ces impasses potentielles. Les nouveaux chemins
empruntés ont eu pour vocation d'ouvrir de nouvelles perspectives,
susceptibles non seulement d'assurer la viabilité du système, mais
également de contribuer, à travers les transformations induites, au
progrès socio-économique. Ce numéro tente de répondre, à partir
de l'exemple des États-Unis et du Royaume-Uni, aux diverses
interrogations que suscite le rôle de la législation dans la réalisation
de cet idéal. Notion mouvante dans le temps et dans l'espace, le
progrès socio-économique se définit de manière variable, au gré des
traditions politiques nationales, des idéologies, et des crises. Il pose
inlassablement la question de l'exigence démocratique : dans quelle
mesure une contrainte doit-elle être imposée aux structures socio-économiques,
dans l'intérêt général ? Quelle est la contribution
réellement apportée au progrès socio-économique par les lois
promulguées afin d'en créer les conditions ? L'avènement de l'État-providence
et sa consolidation, l'influence du pouvoir législatif, et,
enfin, le lien entre législation et contrepouvoirs, tels sont les trois fils
conducteurs que suivent les contributions réunies dans cet ouvrage,
entre analyse et critique.