Georges Orselli : officier, gouverneur des colonies et industriel : un patriote critique

Fils d'instituteur, Georges Orselli (1896-1971) échoue au
concours de l'École Polytechnique arrêté par la guerre en
1914. Engagé en 1915, il refuse d'être officier. Il entre à
Polytechnique en 1919. Officier d'aviation par passion du vol, ingénieur
au Service du matériel et homme de terrain, il fait la guerre au Maroc
(1931-1933). Lors du célèbre raid de la Croisière Noire (8 novembre
1933 -15 janvier 1934), il est le copilote de son chef, le général Vuillemin,
futur Chef d'état-major général de l'Armée de l'Air de 1938 à 1940.
Plus jeune Commandant de l'Aviation en 1934, il quitte l'armée en
1938 et entre à L'Air Liquide qui l'envoie au Japon au début de 1939.
Mobilisé sur place malgré ses demandes à revenir se battre, il rejoint
la France libre en janvier 1941 et s'engage dans la Royal Canadian
Air Force, où il fait un nouvel apprentissage d'officier britannique.
De Gaulle le récupère et l'envoie en septembre 1941 dans le Pacifique
pour commander l'aviation que devaient y fournir les Britanniques, ce
qui avorta. Il le nomme alors Gouverneur des Établissements français
d'Océanie où il restera jusqu'en fin 1945 malgré sa demande d'obtenir
un commandement dans l'aviation française en début 1944. Gouverneur
à la Martinique en 1946-1947, puis en Côte d'Ivoire en 1948, il est mis
à la retraite d'office pour s'être opposé à la violente reprise en main
de la colonie, ce dont il témoignera devant une Commission d'enquête
parlementaire en 1950. En 1949, il entame une carrière d'importateur de
matériel industriel allemand, en précurseur de la réconciliation franco-allemande et de la Communauté européenne du charbon et de l'acier
créée en 1951.