Voltaire et sa grande amie : correspondance complète de Voltaire et de Mme Bentinck (1740-1778)

Cet ouvrage présente un double caractère : c'est, d'une part,
une édition d'une correspondance «croisée» (300 lettres de
Voltaire, dont quelques inédits, une vingtaine de sa correspondante)
qui ordonne des lettres publiées jusqu'ici «en vrac» dans
l'édition de T. Besterman.
C'est aussi l'histoire d'une longue liaison (de 1740 à 1778) entre
Voltaire et l'une des femmes les plus remarquables de l'Allemagne des
Lumières, Charlotte-Sophie Bentinck, comtesse d'Empire, de parfaite
culture française. Les lettres qu'ils échangent vont chez Voltaire
du marivaudage à l'appel au secours angoissé, chez la comtesse de
l'admiration au dévouement inconditionnel. L'ouvrage se lit ainsi
comme un roman autant que comme une histoire vraie.
Ce qui, enfin, n'est pas le moins curieux, c'est que cette correspondance,
ou, si l'on préfère, la liaison qu'elle reflète, fut, ce qui n'avait
jamais été remarqué, à l'origine de Candide : on y retrouve en effet, à
peine voilés, les lieux, les personnages, les aventures qui constituent
l'économie du roman.
Document nouveau sur la vie sentimentale de Voltaire, exemplaire
pour l'histoire des Lumières en Europe, totalement inattendu sur la
genèse de Candide, ce Voltaire et sa grande amie s'impose encore par la
qualité constante de l'écriture des deux correspondants. Il ne
comblera pas moins les amateurs d'histoire et de belle littérature que
les universitaires.