Vladimir Jankélévitch : une philosophie du charme

Vladimir Jankélévitch : une philosophie du charme

Vladimir Jankélévitch : une philosophie du charme
Éditeur: Manucius
2012153 pagesISBN 9782845781375
Format: BrochéLangue : Français

Il s'agit ici de retrouver le «fil d'or» qui traverse l'oeuvre de Vladimir

Jankélévitch, et qui unit des domaines aussi divers que la métaphysique, la

morale et la musique. Suivant le chemin qui a mené Jankélévitch au coeur

de l'oeuvre de Bergson, de Schelling et de Simmel, Joëlle Hansel part de l'intuition

initiale et centrale dont jaillit sa philosophie : l'ipséité, l'unicité et la

singularité absolue de la personne humaine envisagée temporellement, non

dans la durée bergsonienne, mais dans l'instant. Cette défense de l'ipséité,

de la personne unique et irremplaçable, est aussi le trait d'union qui relie

indissolublement les «écrits philosophiques» de Jankélévitch et ceux où il

traite de «l'être juif» en s'engageant sans réserve dans la lutte contre la prescription

de «l'imprescriptible» et l'oubli de la Shoah.

Orfèvre du paradoxe, Jankélévitch en a fait une «manière» de philosopher

: la paradoxologie. Il traite des «choses premières» - l'instant, l'amour,

la liberté. Dieu, la mort - en respectant ce qui, en elles, est ineffable ou indicible

- ce «je-ne-sais-quoi» et ce «presque-rien» qui est tout. Dans le même

esprit, Joëlle Hansel explore le paradoxe ou la tension qui anime l'oeuvre de

Jankélévitch : le contraste entre la nostalgie que suscite l'irréversibilité du

temps, le souvenir d'un passé irrémédiablement enfui, et l'impératif inconditionnel

qui prescrit de décider et d'agir, de faire le Bien «ici et maintenant»

et «sans délai».

La précellence que Jankélévitch donne au Faire sur l'Être fait de lui l'un

des plus grands métaphysiciens et moralistes de notre temps. En pensant

toutes choses «temporellement», en donnant le primat à l'altérité ou à l'ipséité

d'autrui, il rejoint les préoccupations de ses contemporains, Emmanuel

Levinas, Jean Wahl, Gabriel Marcel, Martin Buber et Paul-Louis Landsberg.

La lecture de son oeuvre n'est pas un exercice purement intellectuel, mais

une «réforme intérieure». Elle ouvre la voie à un «idéalisme nouveau» qui

donne ses droits au «charme» - à l'intangible, l'ineffable et l'indicible - sans

renoncer pour autant au travail de la pensée rationnelle, à une philosophie

qui invite à approfondir ce que nous savions déjà, en le regardant tout

autrement.

Ce livre est proposé par (0) membre(s)
Ce livre est mis en favori par (0) membre(s)