La charrette à bras : les Italiens de Saumur

La charrette à bras : les Italiens de Saumur

La charrette à bras : les Italiens de Saumur
Éditeur: Cheminements
2006221 pagesISBN 9782844784261
Format: BrochéLangue : Français

Il peut paraître surprenant d'associer l'Anjou avec le phénomène de l'immigration italienne en

France, mais cette région de l'Ouest de l'Hexagone a cependant vu affluer, dès la fin du XIX<sup>e</sup> siècle,

des transalpins dans des proportions tout à fait significatives. De véritables réseaux villageois et

familiaux se créèrent entre différentes vallées de l'arc alpin italien et les villes du Grand Ouest, et

donnèrent naissance à des courants migratoires : celui des mosaïstes-carreleurs du Frioul et des

cimentiers de la Valsessera.

Les villages, qui ont pour noms Postua, Ailoche, Caprile, Pianceri, Guardabosone, de cette petite

région, située dans le nord de la province de Vercelli, voyaient ainsi, dans les premières décennies

du XX<sup>e</sup> siècle, leur population masculine, de pauvres paysans que la terre locale ne pouvait nourrir,

partir en grand nombre pour les régions de l'Ouest de la France.

En 1872, le pionnier de cette immigration, G. Novello, installe à Tours une entreprise de travaux

en ciment et béton armé. Pour répondre à la forte demande du marché local, il fait appel à des

compatriotes de sa vallée, qui, après un passage dans l'entreprise, développent à leur tour dans

une ville voisine une activité similaire. Rapidement, grâce à cet essaimage, il y a une véritable colonisation

du Grand Ouest par les cimentiers de la Valsessera.

Sur ce principe, les cités de l'Anjou, comme Saumur, assistent ainsi, au cours des années 1900-1930,

à l'installation d'entreprises de bâtiment italiennes qui deviennent le lieu de transit de nombreux

transalpins et sont à l'origine de «petites colonies italiennes» dans ces villes.

Aujourd'hui les enfants, petits-enfants, voire les arrière-petits-enfants des cimentiers sont «intégrés»

dans le tissu social de la région, ou devenus transparents comme il est coutume de dire, mais ils

conservent des liens solides avec les petits villages d'origine.

Ce chemin migratoire atypique fut celui que choisit le grand-père de l'auteur en partant, en 1922,

de son village natal de Guardabosone.

Dans ce livre, fruits de recherches bibliographiques, d'analyses d'archives, de réflexions personnelles

et de recueils de témoignages oraux, Laurent Garino, vétérinaire saumurois, a refait le chemin

à l'envers, repartant sur les sentiers de l'immigration italienne en France à la quête de son passé

et de son identité.

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