Filles de justice : du Bon-Pasteur à l'éducation surveillée, XIXe-XXe siècle

Filles de justice : du Bon-Pasteur à l'éducation surveillée, XIXe-XXe siècle

Filles de justice : du Bon-Pasteur à l'éducation surveillée, XIXe-XXe siècle
Éditeur: Beauchesne
2009483 pagesISBN 9782701015385
Format: BrochéLangue : Français

Les filles de Justice, décidément, sont bien embarrassantes. Depuis deux

siècles, elles ont été sans cesse transférées de prisons en quartiers

correctionnels, de maisons pénitentiaires en écoles de préservation. Confinées

derrière une clôture. Qui sont-elles ? Qu'ont-elles fait ? Des mineures qui,

pour diverses raisons, sont passées devant un juge. Elles ne sont pas forcément

délinquantes, mais elles seraient susceptibles de l'être ; elles ne sont pas

forcément prostituées, mais elles seraient au bord de l'être. Toujours

considérées comme difficiles, voire vicieuses.

L'État se sentant impuissant s'est déchargé sur les congrégations religieuses

et leur a «confié» la rééducation de ces filles, sous forme d'une mission de

service public. La congrégation Notre-Dame de Charité du Bon-Pasteur

d'Angers, déjà spécialisée dans les filles perdues, a ainsi acquis un monopole.

Contre des prix de journée versés par l'État, elle les a reçues au milieu d'autres

femmes et adolescentes, pensionnaires de tous âges. Cette situation a perduré

sous la III<sup>e</sup> République, au moment du vote des lois de 1901 et de 1905, en

plein conflit entre confessionnels et laïques. Un scandale cependant vient

éclabousser la réputation de la congrégation quand, à Nancy, l'évêque entre

en conflit avec la supérieure ; il s'ensuit un procès qui se solde par la

fermeture en 1903 du Bon-Pasteur de la ville.

Cet ouvrage a pour fil conducteur l'histoire d'un de ces établissements, ouvert

en 1839, à Bourges (Cher). Un hectare, en plein centre ville, un îlot hors du

temps. En 1966, une mère supérieure éclairée commence à moderniser la

maison lorsqu'elle reçoit l'ordre de procéder à la vente du patrimoine.

L'acquéreur en est le ministère de la Justice qui cherche le lieu idéal pour

expérimenter des pédagogies auprès des filles dans le secteur public.

Comment s'est réalisé ce passage du monde religieux à la

culture laïque ? D'autres établissements du Bon-Pasteur

ont connu le même sort et, à partir des années 1960, ont

progressivement lâché ce qui constituait leur identité.

Pourquoi, après avoir résisté si longtemps ?

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