Quand les déshérités souffrent, les multinationales dansent : paysans, réfugiés et multinationales

Je ne suis pas historien, ni journaliste. Ma licence en théologie,
mon ministère de pasteur et, auparavant, ma profession de compositeur
typographe ne destinaient pas à l'écriture de ce livre.
Le déclic s'est produit quand il m'est apparu que l'acharnement
dont sont victimes les paysans et celui dont sont victimes les réfugiés
procèdent des mêmes causes, sont le fait des mêmes prédateurs.
En combattant pour la justice, André Jufer analyse les origines
des crises économiques en passant au crible les révoltes paysannes
anciennes et contemporaines, la traite négrière, la naissance des
multinationales et la puissance maléfique des lobbys. Le pasteur
vaudois nous administre une piqûre de rappel pour réveiller nos
consciences endormies. Le vieux concept de l'exploitation de
l'homme par l'homme agit toujours comme un virus increvable.
D'ailleurs la carte géographique de la faim dans le monde nous le
confirme avec violence et insistance. On ne parle plus de misère
ou de damnés de la terre. On a seulement changé de mots pour
désigner ces tragédies qui secouent l'humanité. Ce livre est un cri
de révolte, il pose des questions embarrassantes sur l'origine de
la misère et ouvre des perspectives d'analyse sur la condition
humaine. André Jufer nous offre un livre engagé et généreux dans
lequel il y a mis tout son coeur et ses tripes. Raison pour laquelle,
en le lisant, on entend en sourdine le blues d'un Noir américain
dont les ancêtres avaient fait la terrible traversée de l'Atlantique,
le chant des récolteuses de coton et peut-être le cri de rage de certains
agriculteurs européens à qui la mondialisation a enlevé la
dignité et le sens de la vie.