La tradition du savoir : journées d'études de l'Université de Fribourg

Troisième et dernier volet d'une recherche interdisciplinaire
sur l'idée de «tradition», ce volume étudie les conditions matérielles
et humaines par lesquelles un héritage culturel -
qu'il soit intellectuel ou pratique - peut être légué d'une génération
à une autre.
Les articles recueillis ici partent tous du constat que la communication
d'un savoir ou d'une expérience vécue est tributaire
de son contexte immédiatement concret. De ce point
de vue, l'école n'est pas seulement un vecteur institutionnalisé
de la tradition, par le filtrage duquel s'érige une culture
dite «classique» ; il s'agit également, tout comme l'atelier,
d'un lieu de vie qui, par son organisation, sa place dans la
cité, voire sa configuration spatiale, informe les contours et
les contenus des connaissances enseignées.
Par-delà le cadre scolaire, la relation singulière entre un
maître et ses élèves cristallise les enjeux affectifs de la tradition.
L'envie de partager son savoir est parfois contrecarrée
par des mécanismes plus conservateurs, comme la peur
d'être dépassé ou l'ambition de fonder une école de pensée.
Du côté de l'apprenti ou de l'étudiant, la nécessité de s'affirmer
peut s'accompagner d'une volonté de «tuer le père» et
de récuser toute tutelle professorale, ou au contraire d'un
mimétisme de disciple ou d'une admiration irraisonnée.
Entre l'ordre qu'impose l'institution et les chemins plus sinueux
qu'empruntent les rapports humains, l'aventure de la
pensée se vit au quotidien comme l'histoire sans cesse renouvelée
d'une passation, localisée et incarnée, qui redonne
à la tradition le dynamisme de sa signification première :
l'action de transmettre.