George Orwell ou La vie ordinaire

George Orwell ou la vie ordinaire
On ne retient généralement de George Orwell (1903-1950)
que son antitotalitarisme. Certes central dans sa critique
radicale de la modernité, celui-ci s'accompagne cependant
d'un souci de combattre la marche forcée de l'industrialisation
du monde et ses ravages. Le souci écologique de George
Orwell ne se dément pas tout au long de son oeuvre. Ses
positions sur les conditions réservées à l'homme par cette
civilisation sont inséparables d'une réflexion sur celles
infligées à la planète par le productivisme aveugle.
Par sa critique d'une langue « pétrifiée », toute entière
soumise aux impératifs de la marchandise, par sa description
du « futur mécanisé » que l'empire techno-industriel promet
à l'être humain, Orwell ne dénonce pas seulement les mythes
qui portent l'idéologie du productivisme ; il en dévoile les
fondements et les mécanismes, et nous fournit nombre
d'outils pour les combattre et renouer avec l'entraide et
l'ingouvernabilité de la « vie ordinaire ».