Pour ne jamais oublier

C'était durant la seconde guerre mondiale. Nice
connut les occupations italienne et allemande, ainsi
que l'afflux de juifs, français ou étrangers, qui vinrent
s'y réfugier. Ce livre est la chronique du courage que
quelques cas illustrent. Car ils en eurent, du courage,
les Résistants qui se battaient jusque dans les prisons
contre l'occupant, particulièrement contre l'allemand :
L'un d'eux connut ce qu'il en coûte d'arracher les
affiches du Maréchal. Certains connurent la torture
dans les hôtels l'Hermitage et l'Excelsior, sièges de
la SS et de la gestapo à Nice, mais ne parlèrent pas.
L'un d'eux, même, s'en échappa, aidé par des enfants.
Certains furent déportés et connurent plusieurs camps,
notamment durant la «longue marche», fuite des SS,
mortelle pour les déportés devant l'avancée des alliés.
Ils ne sont pas tous revenus et seuls celles et ceux
qui revinrent témoignent ici. L'un d'eux qui était à son
corps défendant l'interprète des bourreaux sauva des
vies en «traduisant» et ne dut, à la Libération, qu'aux
témoignages des Résistants qu'il avait aidé de n'être
pas condamné comme traitre. D'autres sauvèrent des
enfants juifs, tout simplement.
D'aucuns étaient bien jeunes à l'époque. Leurs
familles juives française ou étrangère avaient fui leur
pays, l'Allemagne, la Pologne... ou la zone Nord de la
France où régnait l'occupant. L'un de ces jeunes réfugiés,
qui avait été interdit d'études parce que juif quand il
avait treize ans finira par passer un doctorat d'histoire à
Nice, à l'âge de soixante-treize ans. Une autre profitera
du flottement dû à la transition des commandements
français et allemands pour fuir Drancy et venir à Nice et
vous saurez quelle fut sa vie.
Ne les oublions pas !