Marguerite Porete : une âme au travail de l'Un

Aux XII<sup>e</sup> et XIII<sup>e</sup> siècles apparaît un courant de
nature à subvertir les fondements de l'Occident chrétien
: il s'agit du mouvement béguinal qui gagne principalement
les Pays-Bas et la Rhénanie. Marguerite
Porete est l'une des figures majeures de ce mouvement.
Née à Valenciennes vers le milieu du XIII<sup>e</sup>
siècle, elle fut brûlée à Paris, le 1er juin 1310, pour
avoir écrit «un authentique chef-d'oeuvre de la littérature
spirituelle de tous les temps», le Miroir des
simples âmes anéanties.
La souveraineté de l'Un exige l'anéantissement de
toute forme d'altérité susceptible d'amoindrir sa plénitude.
C'est ainsi que la «bonté» de Dieu attend de
l'âme qu'elle lui sacrifie son existence même, à savoir
«toute la différence» qui la distingue du divin. Dieu,
ce «Très Haut Jaloux», n'a qu'un désir : qu'elle lui
fasse gracieusement don - «sans pourquoi» - de son
être, lequel se confond, pour Porete, avec l'essence de
l'humanité : une volonté libre.