Georges-Emmanuel Clancier, passager du siècle : actes du colloque, Cerisy, avril 2001

Georges-Emmanuel Clancier, passager du siècle : actes du colloque, Cerisy, avril 2001

Georges-Emmanuel Clancier, passager du siècle : actes du colloque, Cerisy, avril 2001
Éditeur: PULIM
2003421 pagesISBN 9782842873097
Format: BrochéLangue : Français

L'époque aime la lame et le bris, déchiquète plus qu'elle ne soude. Atomise

Sépare. Si elle cultive l'amnésie, nous avons plus que jamais besoin que soit

passé le témoin. Aux désenchantements postmodernes, aux apories de

l'Histoire, Georges-Emmanuel Clancier (né en 1914) confronte ses quêtes

émerveillées, ses arches féeriques, l'exploration de ses terres intimes, sa

défense et illustration d'une écriture de l'humain. Alors que nous errons

encore parmi les décombres d'un XX<sup>e</sup> siècle incessamment moribond, son

oeuvre nous rappelle opportunément que la mémoire est la première forme

de la résistance, la dénégation apportée à tout ce qui nous aliène au donné.

Conséquente et multiple, la production clancienne, qu'il s'agisse de roman,

de poésie ou de réflexion critique, est celle d'un "passager du siècle".

Le colloque de Cerisy a promené son miroir le long des chemins d'une

vie et ces Actes sont les miscellanées que nous offrons à notre tour au

passager-passeur. Ils déclinent toutes les formes de la traversée existentielle

et du voyage esthétique. Y sont d'abord convoqués les gués de la formation,

de la rencontre. Le passager a charrié bien des êtres, des mots, des rêves.

Puis nos propres examens amicaux de passage ont sillonné les strates

de l'écriture, les référents romanesques, leurs espaces identificatoires

et leurs encrages, les dispositifs symboliques du narratif, les motivations

et motifs de la poésie. Autant d'escales dans l'imaginaire du poète ami,

mais autant d'occasions de ne pas stationner. L'oscillante parole de

Georges-Emmanuel Clancier, cette parole conjonctive, nous invite à devenir

nous-mêmes des passeurs. Peut-être alors pourrons-nous dire, avec l'Oreste

des Mouches de Sartre : "J'ai fait mon acte, Électre, et cet acte était bon.

Je le porterai sur mes épaules comme un passeur d'eau porte les voyageurs,

je le ferai passer sur l'autre rive et j'en rendrai compte."

F.-J. A.

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