La toile du berger

Blade se crut avalé dans la gueule de
quelque monstre géant aquatique antédiluvien.
La bête rugissait en l'aspirant.
L'homme pouvait à peine écarter les bras
tant la force de l'onde était irrésistible.
Sans pouvoir faire quoi que ce soit, il se
laissait happer par la langue d'eau de
près de deux cents mètres de haut - selon
son estimation dans le bref temps où il
avait pu apercevoir le cours d'eau qui se
poursuivait plus bas. L'agent spécial
réalisa qu'il n'avait pas veillé à inhaler
suffisamment d'air avant de basculer
dans le vide.
Il ne parvenait plus à se maintenir hors de l'eau. Combien de
temps allait-il tomber ? Guère plus que quelques secondes même
si la chute paraissait interminable, surtout parce qu'il n'en voyait
pas la fin. Brutalement, il fut comme subtilisé entre deux gros
rouleaux noirs d'imprimerie et plongea dans une semi-pénombre
dont il ressortit presque aussitôt pour sombrer comme une pierre.
Où va Richard Blade, voyageur de l'infini ? Dans quelles dimensions le
cerveau sans âme de l'ordinateur peut-il le projeter ? Dans quels mondes
passés ou à venir ?
Blade, un homme fait de muscles, de sang, de sexe et d'intelligence,
sera-t-il le jouet de la machine qui l'envoie combattre des monstres terrifiants,
des forces obscures ou des puissances qui dépassent l'entendement
humain ?