Le bois vert et la cendre

«Rabat. Heure de la sieste. Un parfum d'oranger. Les
villas sont muettes, volets clos. Rues désertes qui se croisent
en silence. Bleu, le ciel prend un air détaché. Hirondelles,
deux par deux, piqués vertigineux entre parenthèses.
Un léger vent salé. Il s'approche de l'océan. Au large,
la mer pétrit les hauts rouleaux. Les vagues avancent
lentement, prennent de l'élan, se lancent sur les rochers noirs
et explosent. Immense gerbe blanche, montée vers le ciel, vol
un moment suspendu et, comme à regret, plongée dans l'eau
verte et mantille de mousse laiteuse...»
(L'enfant et le temps)
Art de l'épure, dénouements inattendus, subtiles et
jolies métaphores, imagination foisonnante, caractérisent ces
quarante-trois nouvelles.
Les récits sont tantôt émouvants, tantôt drôles ou tendres,
parfois insolites et fantasques.
La narration converge souvent vers une chute
imprévisible, le texte servant parfois d'accessoire au
dénouement final.
Ecriture lumineuse, bien ciselée, en recherche constante
d'une clarté tonale.