J'aurais voulu être le fils de quelqu'un... : chronique d'un abandon

«1968. J'ai quatre ans. Ma main dans celle de ma mère,
au milieu d'un village où rien ne bouge, je franchis une
immense porte rouge. Une grille grince, mal huilée.
"Bonjour, madame, alors voici donc le petit garçon ?"
À partir de là, tout va très vite. On me tire par le bras,
j'avance à reculons en hurlant des "maman !" auxquels
elle ne répond pas. À travers les jupes grises des fiancées
de Jésus, je la vois disparaître...»
Ce témoignage intense, sans complaisance, est le récit
d'une existence fracturée dès le plus jeune âge. Avec ses
fugues d'adolescence au coeur de la misère humaine, sa
quête d'amour et d'identité, les femmes recherchées
comme autant de mères, et la hantise de l'abandon.
Avec, enfin, la révélation du métier d'acteur. Pour
oublier le manque initial, jouer à la vie, la vraie, celle
où il y a des familles. Sauf que c'est une vie en trompe-l'oeil
: dans la réalité, on ne prend jamais l'habitude de
l'absence.