L'art héraldique au Moyen Age

Apparu au XII<sup>e</sup> siècle sur les champs de bataille
et de tournoi pour servir de signes de
reconnaissance aux combattants, l'usage
des armoiries se diffuse rapidement dans la
classe seigneuriale. Par la suite, il s'étend
progressivement aux femmes, aux prélats, aux bourgeois et même, dans
certaines régions, aux artisans et aux paysans. Un peu plus tard, cet usage
touche les communautés civiles et religieuses. À la fin du Moyen Âge, toute
la société européenne fait ou peut faire usage d'armoiries. À la fois signes
d'identité, marques de possession et ornements décoratifs, celles-ci
prennent place sur de nombreux objets, oeuvres d'art, édifices et
monuments. Dès le XIII<sup>e</sup> siècle, les églises elles-mêmes deviennent de
véritables «musées d'armoiries». Partout, la représentation de ces
dernières, rigoureusement codée, donne naissance à un art original : l'art
héraldique, dont l'apogée se situe au XV<sup>e</sup> siècle.
L'ouvrage de Michel Pastoureau retrace cette histoire sociale et artistique
des armoiries au Moyen Âge. Il présente les principales règles du blason,
montre comment l'image héraldique n'est en rien une image comme une
autre et s'attarde sur la signification des figures et des couleurs. C'est pour
lui l'occasion de corriger un certain nombre d'idées reçues et de mettre
en valeur l'influence que les armoiries ont exercée dans la longue durée.
Aujourd'hui encore, la plupart des drapeaux, des logos, des insignes
militaires, des emblèmes sportifs et même des panneaux du code de la
route apparaissent comme les héritiers des armoiries médiévales.