Le drame angolais

Depuis 1961, l'Angola n'a cessé de faire la guerre. Deux guerres
bien différentes. La première, pour l'indépendance du pays,
contre le colonisateur portugais. En avril 1974, grâce à la
révolution des oeillets au Portugal, cette crise trouve son
dénouement.
A la veille de conquérir l'indépendance, l'Angola qui devient
le terrain de braconnage favori des grandes puissances va se
plonger dans une autre guerre sans merci : la guerre civile qui
oppose trois mouvements nationalistes différents et rivaux
(MPLA, FNLA et Unita). Poursuivant leur politique du chacun
pour soi, les trois mouvements nationalistes se battront entre eux :
chacun étant décidé à éliminer les autres pour s'emparer seul du
pouvoir. Avec l'aide d'un corps expéditionnaire venu de Cuba, le
MPLA réussit à chasser de la capitale angolaise les hommes du
FNLA et de l'Unita, en s'accaparant du pouvoir.
Décidée de chasser du pouvoir le régime marxiste du MPLA, le
FNLA s'étant effondré, l'Unita, soutenue puissamment par
l'Afrique du Sud et les États-Unis, se lance dans une guerre de
guérilla contre Luanda. Le chef de l'Unita croit fermement que
Washington et Pretoria lui fourniront des moyens militaires et
financiers appréciables. Mais Luanda aussi a ses alliés,
Soviétiques et Cubains.
Plus d'un million d'Angolais vont payer de leur vie cette
intransigeance à faire à tout prix la guerre. Plus d'un million et
demi de déplacés : les Angolais seront des réfugiés dans leur
propre pays. Beaucoup de mutilés qui finiront leur vie dans la
déprime. L'économie s'effondre et l'homme de la rue n'a pas
grand-chose à fêter.