Mobilités résidentielles, territoires et politiques publiques

Alors que la mobilité s'est affirmée depuis quelques
décennies comme une valeur centrale des sociétés
urbaines, elle fait désormais l'objet d'une injonction qui
se manifeste dans tous les domaines, qu'il s'agisse des
déplacements quotidiens, de la mobilité professionnelle
ou de la mobilité résidentielle.
Cette dernière dimension de la mobilité est au coeur de
cet ouvrage, dont l'ambition est d'analyser dans quelle
mesure les mobilités résidentielles contribuent au creusement
des inégalités sociales et territoriales et de discuter
le rôle des politiques publiques dans les processus de
mise en mobilité des habitants des territoires populaires.
Dans un contexte de compétition entre les territoires,
les mobilités résidentielles sont ainsi interrogées dans
leur propension à renforcer les inégalités socio-spatiales,
notamment entre les espaces qui sont en mesure de
capter les populations les plus «désirables» et ceux qui
au contraire ne parviennent qu'à accueillir les populations
les plus «captives».
Les mobilités résidentielles sont également analysées
en lien avec les trajectoires sociales, mettant en avant
les déterminants sociaux des choix résidentiels. Enfin,
les contributions réunies dans cet ouvrage discutent
les orientations des politiques publiques incitant à la
mobilité des classes populaires. À cet égard, les contributions
révèlent l'importance de l'ancrage et les formes
de résistance à la mobilité des habitants des territoires
populaires. Dans ce cadre, les politiques de rénovation
urbaine étudiées offrent des illustrations particulièrement
intéressantes des tensions comme des impensés des
politiques tournées vers la mobilité résidentielle.