N° 117

L'enfance pour un gamin, entre 1930 et 1943, c'est d'abord la Touraine où il est
confié à une nourrice, dans un petit village où tout semble simple, aimable et
facile : l'éveil.
C'est ensuite Paris, sa démesure, son mouvement incessant, ses mirages,
c'est la communale, le cinéma de quartier, les music-halls avec les voix de
Fréhel, Damia, Trenet, la brasserie du dimanche, les balades sur les Grands
Boulevards, le long du canal Saint-Martin, les premiers bobos : la vie de
famille.
C'est en 1940 la drôle de guerre, les slogans, les peurs, l'exode : le Mal à
découvert.
C'est enfin après le divorce des parents, sous la garde espérée de Dieu, le
collège dans la Marne où il est le n° 117, les rigueurs de l'internat, les exigences
de la sainteté, les doutes : la solitude.
L'enfance, c'est aussi les séparations, les ruptures, les interrogations sur
l'amour et sur les êtres qui l'entourent, adorés, redoutés, mystérieux avec
leurs vérités et leurs mensonges : son apprentissage.