La diplomatie de connivence : les dérives oligarchiques du système international

Depuis la chute du Mur de Berlin, le système
international est devenu une sorte d'énigme, que les
spécialistes peinent à décrypter. Vit-on désormais
dans un monde «post-bipolaire», «unipolaire» ou
«multipolaire» ?
Derrière ce flou terminologique se dissimule une
continuité profonde : la prétention des plus «grands»,
formalisée à partir de 1815 à travers une «diplomatie
de concert», à se partager le pilotage du monde. On
retrouve aujourd'hui cet entêtement oligarchique dans
les nouveaux «directoires du monde» que seraient le
G8 puis le G20, qui renouvellent pourtant les blocages.
S'autolégitimant autour de notions telles que
l'«Occident» et la «démocratie», la «diplomatie de
connivence» conduit à des conflits (Afghanistan, Irak)
qui ensuite lui échappent. Figée dans un fonctionnement
d'exclusion, elle suscite la contestation d'États,
d'opinions publiques et d'acteurs - parfois armés -
frustrés d'être écartés de la prise de décision. Limitée
dans ses performances et protectrice de ses privilèges,
elle met en scène la volonté de résoudre de grandes
crises, comme celles affectant l'économie mondiale,
sans parvenir à des réformes concrètes.