Disparitions : contributions à l'étude du changement linguistique

La linguistique diachronique hérite aujourd'hui d'une longue
tradition, dans laquelle l'histoire du changement linguistique est
assimilée à une histoire des apparitions (de sons, de formes, de
sens, de systèmes, de règles, de langues, etc.). Elle considère les
disparitions - dans les langues et des langues - comme des
épiphénomènes : autrement dit, comme une conséquence des
innovations linguistiques afférentes. Et si les disparitions
constituaient un processus de changement à part entière ? C'est
cette hypothèse que les 28 contributions ici réunies, rompant avec
les conceptions exclusivement créatrices de l'évolution des
langues, mettent à l'épreuve en s'efforçant de répondre aux
objectifs suivants :
- appréhender la disparition non plus comme un «résultat»
mais comme un «processus» ;
- esquisser une première typologie des disparitions ;
- repenser l'articulation du changement par «disparition» avec
les autres types de changement ;
- s'interroger sur le statut épistémologique de la disparition-processus.
L'étude des disparitions renouvelle également l'approche du
changement linguistique en invitant à prendre en compte les
phénomènes de multifactorialité et d'émergence.