Chasses princières dans l'Europe de la Renaissance : actes du colloque de Chambord (1er et 2 octobre 2004)

Chasses princières dans l'Europe de la Renaissance : actes du colloque de Chambord (1er et 2 octobre 2004)

Chasses princières dans l'Europe de la Renaissance : actes du colloque de Chambord (1er et 2 octobre 2004)
Éditeur: Actes Sud
2007406 pagesISBN 9782742766437
Format: BrochéLangue : Français

Au XVI<sup>e</sup> siècle, la chasse n'est pas seulement un "passe-temps"

de la noblesse associant diverses techniques de

prédation à des rites répertoriés ou non dans des traités.

Elle tient une place considérable dans les institutions, le

droit, la gestion de la forêt et de ses percements, la transformation

des paysages, la création de réserves et de parcs,

la construction des casini di caccia, hunting lodges, Jagdschlösser

et autres pavillons de chasse. Elle est aussi présente

dans l'ornement des demeures et inspire peintres et

poètes.

Car la chasse, profondément intégrée à la société de

cour, touche directement à l'image du prince de la Renaissance

- une image de bravoure, de puissance et de

magnificence. Aussi devient-elle un instrument de la mise

en scène monarchique. Tous l'ont compris, de Henri VIII

d'Angleterre à Frédéric de Gonzague de Mantoue en passant

par François I<sup>er</sup> et Charles Quint. Pourtant, les usages

cynégétiques restent essentiellement liés à des traditions

portées par la diversité des climats, de la faune, de la

couverture forestière, de la propriété foncière. Dans le

domaine de la chasse, on ne peut parler d'une "Europe

des cours". Les efforts de François I<sup>er</sup> pour imposer la

vénerie du cerf comme un art chevaleresque et savant

ne rencontrent guère d'écho hors du royaume : c'est

plutôt l'exemple de Nemrod et de ses monstrueux massacres

qui règle l'attitude dominatrice des princes sur le

monde animal. Une attitude dénuée de toute forme de

compassion, qui n'a pourtant rien d'incompatible, quoi

qu'on pense, avec une profonde attirance pour la nature

sauvage, comme tendent à le prouver les toits en terrasse

de Chambord, Mariemont ou Hardwick Hall, les

premières allées en étoile percées dans la basse forêt de

Coucy, les aménagements paysagers des barchi transalpins

ou la faune peinte sur les murs du château bavarois

de Grünau.

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