Le carnet retrouvé de monsieur Max

«Hypothèse n° 1 : on ne me tolère ce carnet que parce
qu'il est jaune. Si le tissu vient à manquer pour l'étiquette,
on pourra toujours y découper des étoiles et les
coller sur la poitrine des Juifs que l'on amène ici.
Hypothèse n° 2 : les Allemands ont un goût très prononcé
pour l'humour jaune.
- En connaissez-vous la raison, mademoiselle ?
- Pas le moins du monde.
- Regardez autour de vous, réfléchissez.
- Je sais ce qu'est l'humour noir, monsieur Jacob, mais
l'humour jaune, non, vraiment, je ne vois pas.
- Eh bien, les SS n'aiment-ils pas voir les Juifs se faire
de la bile ? Si mon carnet était rouge, on me l'aurait
déjà confisqué.»
1943 : Saint-Benoît-sur-Loire. Dans une chambre,
un vieux poète juif attend qu'on vienne le chercher et
noircit les pages d'un petit carnet, racontant avec un
humour féroce la folie qui s'est emparée du monde.
Bruno Doucey se glisse ainsi dans la peau de Max
Jacob, jusqu'à ses dernières heures à Drancy. Ce faux
journal résonne avec une justesse bouleversante et
nous tient en haleine de bout en bout.