Digital(e) : l'argentique à l'heure du numérique

Un jour se fera l'histoire du basculement de la projection cinématographique vers le numérique. L'histoire de ce qu'on appelle trop facilement une révolution (le mot revient à de multiples reprises dans le débat publié ici) mais qui a tout du contraire : plutôt une étape supplémentaire de l'industrialisation du commerce des images. Pourtant, tout basculement, aussi violent soit-il, a ses résistances, qu'incarnent celles et ceux qui, malgré les difficultés anciennes et nouvelles, poursuivent leur chemin, indifférents au sens du vent.
Le débat organisé par L'Abominable, laboratoire cinématographique partagé, à l'invitation de Cinéma du Réel pendant l'édition 2013 du festival, faisait suite à l'attribution du Grand Prix, l'année précédente, à un long-métrage en 16 mm, autrement, la Molussie , de Nicolas Rey. L'équipe de L'Abominable tente d'y créer un espace de discussion critique, partant du point de vue qu'un certain nombre de cinéastes tiennent à continuer à utiliser le support photochimique, qu'un certain nombre de programmateurs continuent à montrer des films en pellicule, qu'un certain nombre de spectateurs font la différence : un débat animé, reflet d'un basculement pourtant présenté comme une évidence.