Revue internationale des sciences sociales, n° 183. Agir contre le racisme et la discrimination

La Revue internationale des sciences sociales , créée en 1949 par l'UNESCO, est publiée en cinq
langues : anglais, français, arabe, chinois et russe. Une version en espagnol se trouve sur internet,
au site www.unesco.org/issj.
La revue vise à rapprocher les communautés de spécialistes des sciences sociales, ainsi qu'à porter
à la connaissance d'un large public des informations et des discussions en sciences sociales qui sont
déjà connues des milieux spécialisés.
Les numéros sont en général organisés autour d'un dossier thématique coordonné par le rédacteur
en chef en collaboration avec un conseiller de la rédaction. Des manuscrits non commandés
peuvent aussi être pris en considération, paraissant sous les rubriques «Tribune libre», «Le milieu
des sciences sociales» (articles sur des questions professionnelles dans le domaine des sciences
sociales), et «Dossiers ouverts» (articles faisant suite à des échanges de vues thématiques
antérieurs). Les informations sur les abonnements figurent en troisième de couverture.
L'action contre le racisme et la discrimination occupe une place centrale dans les perspectives
contemporaines sur les droits humains et la justice sociale. Pourtant, si les politiques publiques
s'appuient très largement sur un vocabulaire, voire sur des concepts, issus des sciences sociales, de
grandes incertitudes subsistent parmi les spécialistes quant au fondement, aux implications et
aux effets pratiques de dispositifs désormais routinisés. De ce point de vue, l'action positive, ou
«affirmative» a une importance décisive. Il peut sembler relever du bon sens élémentaire que des
mesures correctives spécifiques soient prises au bénéfice des victimes de la discrimination. En réalité
une perspective analytique comparative montre la complexité des enjeux et le caractère simpliste
voire trompeur du bon sens. Comme le montrent les cinq articles du dossier sur la «mesure de la
discrimination», le repérage des victimes est d'une grande complexité et fait appel à des statistiques
sophistiquées dont le fondement dans les sciences sociales est pour le moins insaisissable. Cinq
articles supplémentaires éclairent la construction historique, juridique, politique et institutionnelle
riche et complexe du sens contemporain de la «race» et de l'«ethnicité» dans le cas exemplaire des
États-Unis, et d'autres contributions prennent en considération les cas de la France, de l'Inde et du
Nigeria. Le point d'intersection entre les perspectives proposées dans ces contributions et les
enjeux statistiques de la mesure de la discrimination est, précisément, la profondeur historique des
dynamiques sociales que les dispositifs d'action «affirmative» sont censés traiter. Idéalement, on
pourrait les considérer comme effaçant des clivages historiques, surtout quand leur objectif est d'en
compenser les effets. En réalité, ces dispositifs tendent plutôt à révéler les clivages contemporains en
évolution mais pérennes, qui s'organisent autour des configurations historiquement construites.