Le mésusage : essai sur l'hypercapitalisme

Partant du constat selon lequel la dégradation de la
production est devenue la condition de survie du système
capitaliste, Paul Ariès propose une nouvelle théorie
critique de l'hypercapitalisme.
La junkproduction (junkfood, junkspace, junksexuality,
junkscience, junkpolitics...) repose sur la généralisation
du mésusage, caractérisé par le retournement de
la valeur marchande contre toute valeur d'usage. Ce
tableau extrêmement sombre débouche cependant sur
la proposition d'un nouveau paradigme politique.
L'auteur propose de partir de l'Interdit majeur qui
structure la société hypercapitaliste : celui de la gratuité.
Il oppose à la vénalisation rampante une politique de la
(quasi)gratuité du bon usage et du renchérissement du
mésusage. Pourquoi, par exemple, payer l'eau le même
prix pour faire son ménage ou remplir sa piscine ?
À l'heure où les tenants d'une écologie ralliée à l'hypercapitalisme
entendent faire des pauvres la variable
d'ajustement pour tenter de résoudre l'effondrement
environnemental sans rien changer au système productiviste,
«la gratuité de l'usage et le renchérissement du
mésusage» constituent une véritable alternative.
Ce nouveau paradigme ne repose pas sur une définition
objective ou moraliste. Il rend toute sa place au
débat politique, aux choix des citoyens et de leurs
représentants. Voilà qui aiderait à renouveler la pensée
d'une gauche exsangue et d'une écologie perdue, et qui
pourrait renouveler les formes et les enjeux de nos
mobilisations.
Sans doute une première définition sérieuse de ce que
serait un projet politique de la décroissance, un ouvrage
pour penser et agir.