Ecrits sur la musique, 1827-1846

Pendant près de quarante ans, le Cavaillonnais Joseph d'Ortigue (1802-1866)
fit carrière à Paris comme «musicien-littérateur». Il mit à profit sa riche
bibliothèque pour étoffer ses écrits dont le sérieux et la fiabilité offrent
peu d'exemples dans la presse française contemporaine. S'il s'intéresse
évidemment à l'art lyrique, il place au premier rang l'oeuvre instrumentale de
Beethoven qu'il oppose au chant rossinien, alors qu'il encense Weber et invite
à découvrir Schubert. Homme de conviction, il affronte avec passion François
Joseph Fétis dans une querelle sur le «mouvement» et la «résistance» en
musique, proclamant une foi dans le progrès qui fera de lui un des plus solides
soutiens de Berlioz. Disciple de Lamennais, d'Ortigue propose une conception
personnelle de la musique religieuse en travaillant ardemment à la restauration
du plain-chant.
Après une biographie très documentée, Sylvia L'Écuyer présente ici quatre-vingt-deux
textes signés par d'Ortigue entre 1827 et 1846 dans des journaux
aujourd'hui difficilement accessibles. Cette anthologie, minutieusement
annotée, rassemble des comptes rendus de concerts ou de représentations
lyriques, ainsi que des articles de fond sur des problèmes esthétiques essentiels.
Témoins du foisonnement artistique qui anime Paris sous la Restauration et du
goût musical de cette époque, les écrits de Joseph d'Ortigue ouvrent la voie à
l'analyse et à l'histoire de la musique.