Histoire médiévale et archéologie, n° 22. De l'ermitage à la seigneurie : l'espace économique et social de Grandmont, XIIe-XVIIIe siècles

Histoire médiévale et archéologie, n° 22. De l'ermitage à la seigneurie : l'espace économique et social de Grandmont, XIIe-XVIIIe siècles

Histoire médiévale et archéologie, n° 22. De l'ermitage à la seigneurie : l'espace économique et social de Grandmont, XIIe-XVIIIe siècles
2009373 pagesISBN 9782953289817
Format: BrochéLangue : Français

L'ordre de Grandmont est fondé dans le diocèse de Limoges autour de la mémoire de

l'ermite Étienne de Muret ; l'ordre s'installe à Grandmont, à une lieue du premier ermitage.

Il est connu pour sa règle rigoureuse où les clercs sont soumis aux laïcs. Cette

vision reflète-elle la réalité ? Les Grandmontains ont-ils pu réconcilier leur souci

d'humilité avec les protections royales et l'expansion du XIII<sup>e</sup> siècle ? La réponse à

ces questions se trouve dans l'exploitation d'archives jusque-là ignorées. Pour la première

fois, une réflexion sur la longue durée permet de découvrir l'ordre de Grandmont

dans son rapport avec son environnement laïc ou ecclésiastique.

La première partie situe le cadre géographique, politique et religieux. L'arrière-fond

est la Marche et les domaines Plantagenêt. L'étude montre le mécanisme du succès

de Grandmont, entre la recherche de la solitude et les enjeux de pouvoirs. En s'appuyant

sur la règle, très vite obsolète, la démonstration s'intéresse à l'histoire de

l'adaptation réussie de l'érémitisme au cénobitisme. Entre des tentatives de réforme

monastique au XV<sup>e</sup> puis au XVII<sup>e</sup> siècles, la vie de l'abbaye oscille d'un XV<sup>e</sup> siècle

plutôt favorable malgré la commende, aux difficultés pendant les guerres de religion,

aux conflits internes et au déclin du XVIII<sup>e</sup> siècle. (L'ordre est supprimé en 1772).

La deuxième partie consacrée au temporel et à sa gestion met en valeur la stratégie

d'implantation des Grandmontains qui ne se satisfont pas des terres à seigle mais

étendent leurs domaines vers les terres à froment, les vignobles, les marais salants et

les villes grâce à la protection Plantagenêt. En dépit de l'incurie des gestionnaires de

la fin du Moyen Âge, l'observation du terrier de 1496, révèle la permanence des structures.

À l'époque moderne, les Grandmontains profitent de l'endettement des tenanciers

pour renforcer leurs revenus agricoles et surtout l'élevage, base de la richesse

de l'Ordre.

La troisième partie s'attache à la description d'une seigneurie ecclésiastique qui maintient

les cadres juridiques d'une seigneurie laïque jusqu'à la mort du dernier abbé en

1787. Cependant, en contrepoint de leur droit de justice et des prélèvements seigneuriaux,

les Grandmontains jouent un rôle d'assistance qui se perpétue jusqu'à

l'époque moderne.

Ce travail, adaptation d'une thèse de 3<sup>e</sup> cycle, permet de disposer d'une vision d'ensemble

de Grandmont, ses crises et ses réussites pendant plus de 700 ans. En privilégiant

les aspects sociaux et économiques, il pose la question de la grille de lecture

d'un ordre religieux.

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