Droit et cultures, n° 51. Prière(s) et droit

Si l'interrogation sur la «prière» renvoie à la perception de différents
rituels, lorsque la question s'insère dans un système de «droit», notamment
de teneur «laïque», l'objectif serait de lui donner des tonalités et des finalités
réductrices puisque liées aux composants de la liberté de religion. Acte isolé
ou action collective, la prière acquiert un sens différent suivant des contextes
idéologiques déterminés historiquement, politiquement, socialement, et
juridiquement. Dans l'ordonnancement de la séparation des Églises et de
l'Etat, tant la pratique religieuse collective que le souci individuel d'une
assimilation de ce procédé de ralliement en viennent alors à placer la posture
comme l'imposture religieuse à l'orée d'un débat sur un «prière de ne pas...»,
c'est-à-dire sur les rapports entre interdiction explicite et tolérance de la
transgression.
L'anthropologie juridique pensait disposer d'un bon relevé
topographique de son domaine avec, évidemment, de belles éminences du
côté de l'exotique et de l'archaïque. Et l'on a pourtant débusqué la
bioéthique.
Certains de ces dossiers sont ouverts de longue date, comme les rubriques
familières de la confrontation de la religion et du droit. Mais connaît-on des
précédents aux souffrances du juriste, condamné à faire entrer dans son
système normatif la procréation médicalement assistée ?
Et que dire de ces textes que l'on envoie squatter les codifications civiles,
en suggérant que les «lois de bioéthique» ne sont pas juridiques ?