Hasta lu'ego

«On ne doit pas sortir assez, George et moi. Ou plutôt, on
doit être trop souvent ensemble. Parce que, draguer
avec George, c'est mission impossible : il y a autour de lui
une sorte de périmètre de sécurité à l'intérieur duquel les êtres
vivants semblent se raréfier. Non pas qu'il ait une attitude
menaçante, non ; simplement, on n'est pas à l'aise
et lui non plus ; alors, pourquoi insister ? Quelque chose
d'indéfinissable, une marginalité triste et sans remède.
Ce périmètre de sécurité est d'un diamètre encore plus
considérable pour les femmes : si on savait domestiquer cette
force de répulsion et l'appliquer aux fusées, le problème des
voyages intersidéraux serait résolu depuis longtemps.»
Un tueur égomaniaque qui récite des tirades de Zarathoustra
au moment d'appuyer sur la gâchette et console ses victimes
en leur parlant de la migration de l'âme ; une chanteuse
digne de se produire à la Scala mais qui refuse de
quitter son dancing de banlieue ; un couple de restaurateurs
capables de rater la recette des oeufs au plat... Je ne
serais pas éloigné de croire qu'il n'y a que moi, Barry Blyter
- Voitures d'occasion en tout genre - de normal, avec ma passion
pour le fric et les femmes. Sauf que je serais capable, pour
ce faire, de tuer père et mère, et ça non plus, ce n'est pas bon
pour l'équilibre mental.