Le roman de la lecture : critique de la raison littéraire

L'idée d'un roman de la lecture , fort ancienne, mais jamais encore exploitée systématiquement,
s'impose peut-être lorsque la lecture, par sa dimension créatrice, mérite d'être
appelée «littéraire». Le texte de lecture , son corollaire, permet de le vérifier. Comme le
roman, il est ce territoire où s'affrontent le processus de connaissance et son contraire.
Le lecteur y poursuit une quête de savoir touchant aux trois pôles de l'oeuvre, du monde
et du soi ; mais, en tant que sujet créateur, il subit une déprise de soi dont il importe de
tracer les contours. Fiction et fantasme en constituent les axes majeurs.
Entreprise critique, Le Roman de la lecture propose de repenser selon la perspective
nouvelle ainsi ouverte des notions clefs de la théorie - l'intertexte, la figure de l'Auteur.
L'analyse de grands textes menée en alternance avec les chapitres généraux sert de
tremplin pour la réflexion. Elle fait une large place au vingtième siècle dont les écrivains
se signalèrent par un regard théorique sur leur art. Breton, Aragon, Éluard, Perec, Le
Clézio, Hyvernaud, croisent de prestigieux anciens, au fil de douze chapitres à parcourir
librement.