Bertrand Cantat ou Le chant des automates

«Parlons, écrivons, essayons de pousser les murs,
voulez-vous ?» Le 4 juin 2004, ébranlée par les
échos que l'affaire Cantat réveille en elle, Muriel
Cerf adresse une lettre au reclus de Vilnius : «On vous a
acculé, réduit à néant, et vous ne vous justifiez de rien...
Vous priez qu'on vous entende, et l'on détourne la tête...»
Bertrand Cantat lui répond. Deux nuits s'entrechoquent. Une
correspondance s'engage.
Bien qu'elle sache ce que «violence conjugale» veut dire,
davantage que le geste définitif c'est la «bascule dans
l'imprudence absolue de l'amour» que Muriel Cerf évoque
ici. Car «il y a des stratégies fatales qui sont bourrées
de sens. Vous n'aviez pas de stratégie, aucune, et vous aimiez
cette femme, qu'y pouviez-vous ? Il y a cette espèce de
dénuement drogué où vous met l'obsession. Je connais
cet état-là, où l'on est dilapidé.»
Ce livre d'effroi et de passion n'est ni d'un juge, ni d'un
avocat. C'est l'exploration littéraire et poétique d'un mythe
d'aujourd'hui : Orphée a tué Eurydice. «C'est un roman,
aussi, qui parle d'actes - ceux d'amour et de mort - et tente
d'en cerner les mobiles.» Un roman qui peut s'incarner dans
la vie de chacun.