Le sang du Vallespir : édition bilingue

«Céret est au coeur du Vallespir, nom moelleux comme un
vallon, tendre comme un soupir, et qui pourtant veut dire :
vallée âpre. De Nogarède au Palau, le creux a quinze cents
mètres de large. Là, le Tech, torrent tombé du ciel avec les
écarts et les cris de la foudre, touche enfin terre et s'apaise.
La montagne devient colline, le carpate finit en acropole.
Le pont que le diable jeta fébrilement sur la faille entre le
premier et le dernier coup de minuit, enjambe d'une seule
arche un suprême vestige de sauvagerie ; et, en amont, tout
est rudesse et provocation, en aval, tout est tendresse et
mesure...»
Ainsi commence ce long poème où flamboie
l'extrême pointe de l'amour et de la mort, où s'agence
les éboulements de mots et d'images, de grandioses
architectures de la phrase, l'exaltation du paysage et de la
mémoire légendaire, l'exultation d'un langage glorieux.
Le Sang du Vallespir , longue nouvelle de Ludovic
Massé, publié ici dans une version bilingue - le texte
français de Ludovic Massé et la traduction catalane due à
Patrick Gifreu -, est le poème le plus achevé d'une oeuvre
qui les prodigue. À tout prendre, le plus beau de tous les
textes de Ludovic Massé.