Les danses exotiques en France : 1880-1940

«On dansait partout», écrit Paul Dupays au sujet de l'Exposition de
1889 : en plus des danseuses de la Rue du Caire, les curieux découvrirent
«des gitanes au tango endiablé, des Javanaises dont la minauderie et la
grâce déconcertaient les plus roués, des Martiniquaises, des Indochinoises,
des Algériennes voilées, des Kabyles». Ainsi les danses exotiques firent-elles
leur apparition en France, dans les expositions universelles et les
exhibitions ethnologiques. Durant les quarante premières années du
XX<sup>e</sup> siècle, elles suscitèrent un véritable engouement chez les spectateurs
comme chez les danseurs qui s'investirent dans leur pratique.
Objet de nombreux fantasmes, la figure de la danseuse exotique marqua
l'histoire du music-hall. Puis, dans les années 1920-1930, les théâtres
accueillirent des artistes venus du monde entier, comme Toshi Komori
(Japon), Uday Shankar (Inde), Armen Ohanian (Arménie), Féral Benga
(Sénégal) et bien d'autres. À travers leur itinéraire, Anne Décoret-Ahiha
retrace l'histoire de la découverte des danses exotiques sur le sol français.
Elle analyse les discours produits à cette occasion et mesure l'impact de
cette rencontre sur les pratiques sociales et artistiques de danse.