Philosophie, n° 121. Questions kantiennes

Philosophie, n° 121. Questions kantiennes

Philosophie, n° 121. Questions kantiennes
Éditeur: Minuit
201495 pagesISBN 9782707323682
Format: BrochéLangue : Français

Le numéro s'ouvre sur la traduction, par Camille Abettan, d'un texte de Ludwig Binswanger intitulé « Événement et vécu », initialement paru en 1931. Binswanger y répond à un article d'Erwin Straus paru l'année précédente, et s'intéresse à la relation qui existe entre la survenue d'un événement et la façon dont il est vécu, c'est-à-dire le sens qu'il revêt pour

le sujet qui l'éprouve ; ce débat avec E. Straus lui fournit l'occasion de

préciser quelques-uns de ses concepts essentiels, ainsi que de situer sa

propre démarche par rapport à celle de Heidegger et par rapport à la

psychanalyse.

Le numéro se poursuit avec un dossier thématique intitulé « Questions

kantiennes », qui aborde successivement la philosophie kantienne de la

connaissance, de la morale et de la religion.

Dans « Un principe caché de l'Analytique transcendantale », Brice Halimi s'interroge sur l'équivalence, posée par Kant, entre l'universalité et la nécessité comme critères d'une connaissance a priori , et tente de montrer que cette corrélation n'est jamais réellement justifiée, bien qu'elle soit mise à contribution dans plusieurs passages essentiels de la Critique  : en particulier, elle fonde l'homogénéité des mathématiques et de la physique pure, ainsi que la double valeur, à la fois formelle et générale, accordée à l'unité de l'aperception. L'article analyse ces deux cas, puis deux autres aspects de la corrélation entre universalité et nécessité, dont il montre le statut de principe de l'Analytique transcendantale.

Dans « Les intentions morales au croisement de l'universel et du singulier », Raphaël Ehrsam nous invite à relire la morale kantienne, qui est souvent associée à une thèse peu plausible - à savoir que la propriété d'« être moral » caractériserait de manière première les intentions des agents, et non leurs actions - et à une difficulté - à savoir que l'universalité et la formalité de la loi morale rendraient impossible la détermination de devoirs relatifs à la singularité des situations. Contre ces deux thèses, l'auteur soutient à l'inverse que, pour Kant, l'évaluation morale enveloppe un rapport fondamental aux actions, et que les devoirs particuliers incluent une référence implicite à des contextes d'application valant comme standards et paradigmes - ce qui le conduit à réaffirmer la nature essentiellement réfléchissante de tout jugement moral.

Enfin, dans « Autonomie et reconnaissance chez Kant », Hedwig Marzolf montre que le besoin de reconnaissance chez les hommes, que Hegel érige en « motivation morale originaire », n'a pas été méconnu par Kant, mais que ce besoin lui est d'emblée apparu sous un aspect problématique, à savoir comme l'origine d'un mal - qu'il évoque dans la troisième partie de La Religion dans les limites de la simple raison . Dans cette pathologie de la reconnaissance se joue en même temps la beauté du monde moral, par laquelle nous pouvons nous reconnaître en lui ; et le remède à cette pathologie résiderait en définitive hors de la morale, dans la figure religieuse du Christ, « ami de l'homme ».

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