Misère de la littérature, terreur de l'histoire : Céline et la littérature contemporaine

Misère de la littérature, terreur de l'histoire : Céline et la littérature contemporaine

Misère de la littérature, terreur de l'histoire : Céline et la littérature contemporaine
Éditeur: Gallimard
2005754 pagesISBN 9782070773213
Format: BrochéLangue : Français

Roman de la misère du monde, prosaïsme de la vie ordinaire, dénonciation

de la violence faite aux êtres et aux choses, autofiction - la littérature

contemporaine se veut manifestes, ou presque. D'aucuns y voient un

âge nouveau.

Pour comprendre quand tout a commencé, Philippe Roussin a préféré

la perspective à la saisie du détail, la pesée globale à l'anatomie d'une

oeuvre singulière. Il lui a paru que Céline offrait un parapet, du fait de son

statut exorbitant, d'où embrasser le paysage littéraire contemporain. On

ne trouvera pas ici une analyse des romans et écrits de Louis-Ferdinand

Destouches, mais, à partir de Céline, l'étude du basculement qui fit que la

littérature décida d'avoir pour objet celui même du politique en régime

démocratique : la vie ordinaire et ses énigmes, le monde commun et le

conflit de ses valeurs en partage. Entre médecine et littérature, entre

prose et poésie, entre poétique et rhétorique, la chose se fit par la négation

de la figure de l'écrivain campé hors du monde, par le refus du Grand

Homme de Lettres confiné à une langue écrite, par l'irruption, en littérature,

de la langue parlée, par le pamphlet en lieu et place du récit.

Le rejet de la Rhétorique - des fleurs de la langue romanesque et de

ses conventions -, la dénonciation de la misère de la littérature se firent

au profit du recours à la transparence de la communauté des êtres - ce

qu'il est convenu d'appeler, depuis 1793, la Terreur. Chemin faisant,

c'est tout un pan du fait littéraire en France qui est éclairé - de Zola aux

années soixante du siècle dernier.

Aujourd'hui, on songerait plutôt à caractériser l'époque par la misère

de l'Histoire et la Terreur d'une littérature attachée à dire l'opacité d'un

monde sans perspectives, où l'individu s'englue dans son isolement.

Inversion de la vision, accordons-le, mais la question demeure de mesurer

ce qui, de Céline à aujourd'hui, s'est joué dans la littérature française.

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