Ce qu'on ne vous a jamais dit sur la guerre d'Espagne

Nombreux sont encore les dupes et les
niais qui tiennent la II<sup>e</sup> République espagnole
pour un paisible État de droit, gouverné par
une gauche libérale, progressiste, bienveillante
et démocratique, et la droite nationale
pour un ramassis de réactionnaires obtus, bigots
et haineux. Ressassé sans relâche depuis
70 ans par une armée de menteurs professionnels,
ce cliché trompeur a la vie dure. Oubliés les incendies
d'églises et de couvents, les confiscations de biens, les grèves
permanentes, les mutineries, les émeutes, les pillages, les meurtres
et les attentats ! Oubliée la cohorte de médiocres et de malfaisants,
de terroristes, de tricoteuses et de maçons, qui
s'empare du pouvoir et proclame à tous vents qu'elle veut faire
au plus vite de l'Espagne une «démocratie populaire».
Légitime réflexe d'auto-défense de l'Espagne éternelle, le
soulèvement national n'est pas sans soutien à l'étranger où les
bonnes volontés se mobilisent en grand nombre. En France, la
droite nationale fait activement campagne pour les insurgés et
quelques centaines de militants vont même faire le coup de feu
de l'autre côté des Pyrénées. D'autres pays, dont l'Irlande, dépêchent
eux aussi des volontaires qui apportent une contribution
symbolique à cette nouvelle Croisade. Cet engagement n'a
rien d'infamant, bien au contraire, et il est plus que temps d'en
parler : nous nous y employons également dans ce petit livre.
Il y a un peu plus de 70 ans, l'Espagne, au prix d'une guerre
terrible et de sacrifices immenses, s'arrachait aux griffes d'un
gang de «cruels imbéciles», de «crétins criminels» et de «scélérats»
(selon les termes mêmes de deux Pères de la République,
Pérez de Ayala et le Dr Marañon). Ce sursaut est tout à
son honneur, il est juste d'y rendre hommage et nous espérons
y contribuer un tant soit peu par ce modeste ouvrage.